Des coutures

Avec l’arrivée du printemps, elle avait recommencé à marcher. D’abord jusqu’à sa boîte aux lettres, fixée à la clôture de fer basse qui sépare les herbes folles du trottoir poussiéreux, puis jusqu’au coin de la rue. Et puis… après avoir parcouru quelques centaines de mètres, elle s’arrêtait, regardait les houppiers pour retrouver une manière de nord.

 

Parfois elle s’assoyait sur un banc, mains jointes sur ce qu’il lui restait de cuisses, jusqu’à ce qu’un passant lui demande où elle résidait. Chaque fois, elle répondait : « Je connais très bien l’endroit où j’habite, mais j’essaie, de temps à autres, d’en habiter l’envers. »

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